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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 22:43

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/2/22/6000d-logo.png/290px-6000d-logo.pngLa 6000D, La course de l’année pour moi, une de ces courses qui fait rêver, une de ces courses qui me paraissait inaccessible il n’y a encore pas si longtemps. Et puis, les entrainements plus réguliers avec le club m’ont permis de croire que je pouvais me lancer un défi comme celui-là. Ma grosse interrogation était de savoir si j’allais pouvoir aller au bout, une question que je me posais depuis quelques temps déjà. Ma préparation de ces derniers mois m’a semblée bonne et les 3 jours de Chartreuse fin mai m’ont permis de tester mes capacités à accumuler la fatigue et gérer des distances auxquelles je n’étais pas habitué.20140726_094910--Medium-.jpg

L’arrivée en fin d’après midi le vendredi augurait un weekend festif, le village est en effervescence et on sent que l’organisation veut tout faire pour que cette 25ème année de la 6000D soit une réussite. Je récupère mon dossard et fais un petit tour dans le village ou se trouvent les principaux partenaires de la course. Direction « Pasta Party » ou je me gave littéralement puis je regagne le gite ou je prépare minutieusement mes affaires. Il semble que le glacier soit accessible et que le temps devrait se maintenir.

Après une nuit sans cauchemars ni angoisses, je me réveille frais pour ce jour qu’on attend forcément depuis longtemps.

Je descends à 04h30 sans trop faire de bruit de peur de réveiller du monde mais je me rends vite compte que la cuisine est déjà allumée et que le gîte est plein de traileurs prêts à en découdre avec les 63km de montagne qui les attendent. Déjeuner sans trop de discussion hormis les conditions météo qui inquiètent tout le monde (une pluie intense est en train de tomber). Quelle tenue prendre, personne ne sait trop : je décide de prendre une tenue plutôt chaude (tant pis pour le tee shirt TCN, il restera dans la valise).

Arrivé au village, il est 05h20. Ambiance humide, température correcte, le speaker à l’air déjà en forme… La pression commence à monter et la veste imperméable est de sortie vue la fine pluie qui se remet à tomber. L’animateur nous annonce que malheureusement la course ne passera pas par le glacier, les conditions étant trop mauvaises : petite déception même si on nous assure que la distance sera au moins égale avec un plan B de l’organisation.

L’ambiance est électrique, c’est la fête, tout le monde est excité, c’est bon ces moments là.

Le départ est donné, on est nombreux, je me trouve dans la deuxième partie et même si je double beaucoup de coureurs sur les 3 ou 4 premiers km, je me suis retrouvé contraint de marcher dès les premières grimpettes, en file indienne. Après tout, je me dis que ça m’obligera à ne pas trop me fatiguer du départ. L’ascension se passe bien, la pente est douce et l’ambiance est à la plaisanterie. Après ces quelques km de montée ou la pluie est de la partie et le terrain bien boueux, nous arrivons au minuscule village de Montalbert (10km) ou les supporters nous attendent avec cloches et petites trompettes. Ces quelques secondes passées dans le village font du bien mais il faut repartir en direction de la forêt pour …monter encore. Quelques km plus tard, j’entame la piste de Bobsleigh. La pluie s’est arrêtée, dommage, la piste est couverte… Cette partie est sympa avec une musique d’ambiance pas très récente (Catherine LARA si ma mémoire est bonne) mais qui me fais penser à autre chose que de mettre un pied devant l’autre. Impossible de doubler sur cette partie de la piste mais le rythme de mes coéquipiers d’un jour me va bien, j’ai le temps de prendre quelques photos. Le téléphone sonne, ma petite femme qui m’appelle et me demande ou je suis, ayant peur d’avoir raté mon arrivée. Je la rassure et lui dis que j’entends le public donc pas très loin. L’arrivée de la piste de Bob a été un de mes très bons souvenirs de cette course car je ne m’attendais pas à voir autant de monde, une ferveur et un enthousiasme contagieux. Je m’arrête pour dire à ma supportrice que tout va bien. Et ce n’était pas que pour la rassurer que je disais ça, j’ai bu régulièrement, je savais que le 1er ravito n’était pas loin et j’allais pouvoir manger et refaire le plein de boisson. J’attaque une légère descente qui me relance bien, d’autant que certains ont eu l’air d’avoir quelques difficultés à se remettre à courir. Je les double sans hésiter. Après une belle montée, longue, et dure sur les derniers 300 mètres, j’arrive à Aime la Plagne ou je vois ma moitié, je suis un peu moins frais, les dernières pentes m’ont pris de l’énergie. Heureusement, une belle et longue descente (environ 2km) me permet d’avancer en « roue libre ». Enfin l’arrivée à La Plagne centre avec une foule qui encourage et le 1er ravitaillement qui est très, très fourni. Je m’empresse de remplir ma poche d’eau puis prend quelques barres énergétiques et vais tout droit vers la soupe car la descente m’avait refroidi. J’en prends 2 fois car je l’ai trouvée excellente. Je ne m’attarde pas plus de 5-7 mn (car il ne fait pas très chaud), remets un coupe-vent et repars pour une montée de 7 à 8km ou le brouillard vient s’inviter à la course. L’humidité est bien présente et je commence avoir froid au 25ème km juste avant d’arriver à la roche de Mio, on est à 2500 m d’altitude, pas à l’abri, un léger vent qui me refroidi, je regrette de ne pas avoir pris mes gants (et dire que j’avais hésité longtemps la veille). La montée est longue, j’ai froid, on ne voit pas à 50 mètres mais je commence à entendre les cloches et les encouragements. Encore 10 mn et j’aperçois les premiers fous (et folles) furieux qui attendent à 2700m d’altitude, dans le froid et le brouillard, ils sont nombreux, digne d’une étape du tour de France… je passe le col, ma femme est là et je ne la rassure probablement pas en lui disant que j’ai froid, que c’est dur, que je sens une fatigue générale (après coup, je me dis que l’altitude, le manque d’oxygène a dû jouer sur mon état). Clairement, le moral en a pris un coup. Je repars, la descente fais du bien, je mange mes barres énergétiques, bois malgré le froid. Paradoxalement, je me réchauffe petit à petit dans la descente. Tout va beaucoup mieux, le moral et les jambes. Le ravitaillement est là et je rempli ma poche mais je me rends compte que je n’ai presque rien bu. Je me restaure et bois de l’eau gazeuse que je trouve très bonne et décide de m’en remplir une petite bouteille « pour la route ». Comme prévu, je ne verrai pas le glacier. On est au 30ème km et la descente commence, je m’attends à ce qu’elle soit longue. Je me sens bien, nous sommes trois coureurs à vouloir prendre un rythme soutenu et nous doublons une ou deux dizaine de coureurs qui malgré la descente, ont des difficultés à avancer. Du coup, les kms défilent assez vite. 20140726_100027--Medium-.jpgMais bientôt, le col de l’arpette pointe le bout de son nez, dernière grosse difficulté au 38ème km. Je serre les dents et reprends mon rythme de marche rapide, les jambes commencent à être dures mais ça tient. Je passe le col, le temps s’arrange nettement et le moral est bon, il ne reste plus que de la descente. Quelques km et j’arrive à plagne Bellecote ou l’ambiance est au rendez-vous : l’animation est sympa et je ne fais que regarder le ravitaillement pour l’instant, je n’ai pas faim. J’attends quelques mn et me décide à manger quelque chose qui pourrait me faire envie. Décidément, ça ne passe pas, par contre, je bois beaucoup : c’est déjà ça. Je repars et les km en pente douce sont agréables. Nous arrivons à Montchavin, dernier ravitaillement (52ème km), je mange un peu cette fois et repars, le village est magnifique et toujours cette ambiance ou tout le monde t’encourage : C’est bon ça. Les 10 derniers km sont faits de sentiers, secs cette fois, parfois couvert d’herbe qui fait du bien aux jambes, ça change de certaines descentes de pierriers. Nous passons un petit pont et trouvons une piste cyclable indiquant qu’on arrive au village. On entend le speaker, quelle joie d’arriver, passer au milieu du village (voir certains coureurs en terrasse en train de se siroter une mousse…), et enfin voir la ligne d’arrivée et la franchir. Je fini en 09h57, rincé mais sans blessure, de pépin physique.

Après avoir passé une bonne nuit, les premiers pas du matin sont un peu délicats mais peu à peu, tout rentre dans l’ordre. Il fait très beau ce matin et on chercherait presque l’ombre lors de la remise des prix. Le repas de midi est très sympathique, copieux et tout le monde à le sourire, heureux d’avoir fait une telle course.

Pour en finir, je tir mon chapeau à l’organisation qui a été au top, ou les ravitaillements ont été très bien positionnés et des supporters qui encouragent tout au long de la course (même aux sommets des cols ou l’humidité et le froid ne les ont pas découragés).Sortie-du-11-Avril-2010-96651--Medium-.JPG

 

 

 

 

 

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commentaires

Jean-Luc 21/09/2014 21:20

Bravo Laurent pour ta course et ton compte rendu.

Même quand c'est difficile on garde généralement de beaux souvenirs de ces courses de montagne.

Adam 20/09/2014 08:57

Congratulations Laurent, j'ai n'avez aucune doute sur tes capacités en cours, même dans les conditions difficile ! Tu a du physique et mental de un gagnant, bravo a toi !

Teufane 17/09/2014 22:20

Il me semble que c'était Véronique Sanson dans la piste de bob en musique de fond mais pas sûr non-plus!☺

severine 16/09/2014 22:20

Bravo Laurent tu as fait une belle course bienvenu ds le monde de la montagne.

Régis 13/09/2014 18:46

Un très beau récit qui donne une nouvelle fois envie de faire cette course. Bravo Laurent pour ta performance et pour ta gestion de course.
Un montagnard de plus au sein de TCN.

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  • : Le blog de Theizé Course Nature, un Club de Trail (un jour peut être de Raids Aventure) du Beaujolais au coeur des Pierres Dorées, au Nord Ouest de Lyon. Les entrainements se déroulent les Mardi soir à 19:15 (vitesse, fartlek) les samedi matin à 10H & les dimanche 9h ou 9h30 en hiver (sorties longues). RdV Salle Ramet à Theizé (sauf sorties extérieures avec préavis via mail)
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