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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 05:20

Bon, alors nous avons vu s’enchainer les CR de courses aussi prestigieuses que difficiles avec le trail des écrins, le TGV, l’UTMB, la TDS, les 100 km de Millau, les templiers, le marathon du beaujolais…bref que du lourd.

Pour moi le lourd c’est la Saintélyon. Durant cette course je suis passé par tous les états physiques et psychologiques alors excusez-moi par avance si je me dévoile un peu ! seb-arrivee.jpg

Départ samedi matin en train jusqu’à Saint-Etienne, je pense à Michel qui m’avait fait confiance quand je lui avais dit 2 semaines plus tôt : « t’inquiètes pas pour les grèves, c’est plus souvent entre lyon et sainté mais rarement entre sainté et le puy ! » Alors là je dois reconnaître que j’ai vraiment été visionnaire, c’était l’inverse et Michel s’est retrouvé coincé à sainté (au moins il n’a pas stressé dans le train entre villefranche et sainté ;-) ). Un petit sourire en pensant à Michel et me voilà arrivé à sainté direction le hall A à pied.

Il fait bon, pas de pluie, pas de vent, ça change de la neige de 2010. Retrait des dossards en 20 minutes, quelle surprise ! ça aussi ça change de 2010. Un petit tour sur les stands et finalement je remonte tout saint-étienne à pied pour me rendre chez ma grande tante qui a mis son canapé à ma disposition pour la journée.

MERCI TATAN ZETTE ! La pluie et le vent se lèvent dans l’après-midi et les premières inquiétudes aussi. Accélérons un peu, je descends en tramway à Chateaucreux pour finir à pied jusqu’au hall A.

J’intègre un flot ininterrompu de coureurs qui sort de la gare. Je retrouve Jean-phi, Yann et Gilbert qui se déshabillent tranquillement à côté de Killian. Ambiance à la rigolade, on est bien, il ne fait pas trop mauvais, et puis on va partir pour une course mythique tout de même !

Un peu de repos dans le hall B avec des coureurs de partout, on a même failli perdre Gilbert en déposant les sacs dans les bus. Départ vers Geoffroy Guichard + 10 000 coureurs et coureuses, l’excitation commence à monter. Un peu d’attente sous un petit crachin et c’est parti ! Les trois fadas du TCN partent comme des balles et dès le 1er km je sais déjà que je ne les reverrai pas avant Gerland. La course se déroule un peu sous la pluie, dans le vent sur les crêtes, mais je me sens bien et j’ai quelques repères par rapport à l’année dernière, tout va bien. Les sentiers s’enchainent bien, il y a de la boue et même si ça n’a rien de commun avec l’année dernière nous sommes témoins de quelques belles gamelles.

Je tenterai le bain de boue d’ailleurs un peu plus loin avant Sainte-Catherine. Sainte-Catherine, le ravito de tous les dangers, il y a beaucoup de monde, certains se rendent à l’évidence, ils sont partis trop vite et à la sortie du ravito il y a des bus pour les relais et aussi pour les abandons que l’on reconnait dans le bus à la couleur du dossard.

Et s’ils avaient raison ! Il fait froid, je suis tout seul sur le bord de cette route, personne à qui parler, mais qu’est-ce que je fous là ! Heureusement, un peu plus loin dans le bois d’Arfeuille je sympathise avec Laurence et Patrice qui sont comme moi un peu excédé par un gars qui « geule » toutes les 2 secondes sur Laurent : « Laurent t’es où, viens là Laurent, attention à la pierre laurent, attention à la branche laurent, viens derrière moi laurent, dépèche-toi laurent, mets bien un pied devant l’autre laurent, ne tombe pas laurent, laurent t’es où, viens là Laurent, attention à la pierre laurent …. » Du coup on a voulu participer : « il fait nuit Laurent, brosse-toi les dents Laurent, mets ton écharpe Laurent, prends ton sirop Laurent, fais moi un béco Laurent… » ce qui a bien détendu Laurent, mais pas son coach !

Alors là on s’est dit avec Laurence et Patrice : « si dans 15 minutes Laurent ne lui en colle pas une, on s’en charge ! » Finalement on continue ensemble jusqu’à Soucieu, petite pause et c’est reparti, prochaine étape Beaunant, on y est presque (sur le papier seulement, dans la tête c’est autre chose vous allez voir). Alors là, comme l’année dernière, un énorme, mais alors un énorme coup de mou en plein milieu, au niveau de Chaponost. Ni les jambes, jusque là bien préservées, ni la tête n’ont envie de continuer.

D’un coup plus rien, ras le bol, rentre chez toi. Il m’a fallu de bonnes grosses pensées positives pour continuer, tout y passe : Les enfants, mon amoureuse, ma famille, les copains et les copines du TCN… Ce n’est même pas une question d’orgueil ou de fierté, je ne pense pas être comme ça (et puis il faut du courage pour avoir la sagesse de s’arrêter) mais dans ces moments, avec la fatigue, le doute, peut-être l’hypoglycémie, un examen professionnel qui approche et l’envie d’y arriver en se disant que ces derniers temps on a réussi ce qu’on avait entrepris, on prend tout ce qui permet de mettre un peu de carburant dans la machine.seb-lyon.jpg

Je bois, je mange, je marche…Et puis ça passe, d’un coup, un peu comme c’est venu. Après Beaunant c’est que du bonheur, un peu de douleurs aussi mais beaucoup de solidarité entre les coureurs, tout le monde s’encourage pour tenir encore. A partir de Perrache il reste 5 km, je marche un peu et puis je me dis que si je continue à marcher je passe au dessus des 9h, alors je redémarre pour ne m’arrêter qu’une fois la ligne d’arrivée passée. Bilan, en 8h52 minutes, je suis passé par l’excitation, la joie, la fatigue, le doute, le plaisir, la peur, l’espoir, l’envie…Bref tout ce qu’on peut rencontrer dans la vie mais en accéléré. A l’arrivée je retrouve aussi Jean-Phi (8h14, bravo) qui est bien marqué et un peu halluciné. Une dernière anecdote, comme l’année dernière, à l’arrivée j’appelle mes proches, soulagé, content d’en avoir fini et se passe alors un phénomène bizarre que j’ai du mal à expliqué vraiment, sans ressentir ni fatigue ni tristesse ni joie, un peu comme si à ce moment là je n’éprouvais aucune émotion, je ne peux m’empêcher de retenir mes larmes en annonçant que oui, ça va, oui, c’est fini et oui je serai prudent en rentrant à la maison. C’est juste quelque chose que je ne maitrise plus, comme ça !

Malgré tout ça j’ai envie de revenir courir à Théizé le plus vite possible, vous retrouver en Haute-loire en mars, et je pense déjà mon inscription pour la saintélyon 2012. A très bientôt et merci aux TCNeuses et TCNeux, j’ai commencé à courir grâce à mon frère, je continue grâce à vous. A+ Seb PS : c’est un peu intime comme CR, mais je devrais bientôt retrouver mon état normal, ça doit être les séquelles de la course.

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commentaires

seb 13/12/2011 21:45

tu dis que tu n'étais pas marqué parce que tu n'as pas croisé de miroir à l'arrivée! En tout cas je trouve que pour 8h14 tu avais tout de même une bonne tête
A très bientôt

Jean philippe 13/12/2011 17:53

Sympa ton article, cependant Sébastien exagère concernant notre vitesse de départ, Yann et Gilbert ne sont pas si rapide que cela.... J'avais décidé de ne pas dépasser les 150 b/m au cardio et à 25
battements prés j'étais bon...
De plus à l'arrivée je n'étais pas du tout marqué, j'ai juste eu quelques vertiges, des nausées, et un ou deux étourdissements.....

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  • : Le blog de Theizé Course Nature
  • Le blog de Theizé Course Nature
  • : Le blog de Theizé Course Nature, un Club de Trail (un jour peut être de Raids Aventure) du Beaujolais au coeur des Pierres Dorées, au Nord Ouest de Lyon. Les entrainements se déroulent les Mardi soir à 19:15 (vitesse, fartlek) les samedi matin à 10H & les dimanche 9h ou 9h30 en hiver (sorties longues). RdV Salle Ramet à Theizé (sauf sorties extérieures avec préavis via mail)
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